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Quand la peur mène à de vraies plaintes

Quand la peur mène à de vraies plaintes

Les reportages des médias sur les risques pour la santé peuvent déclencher la peur et de vraies plaintes

Les médias font état de substances dangereuses ou de radiations nocives à maintes reprises. Pour certaines personnes, cela déclenche non seulement la peur, mais aussi de vraies plaintes. Un chercheur allemand a examiné le soi-disant effet nocebo lors d'un séjour de recherche en Angleterre. Sa conclusion: "La science et les médias devraient travailler plus étroitement ensemble et rendre compte de sujets tels que les risques pour la santé de la manière la plus honnête possible".

Le simple fait de s'attendre à du mal peut causer de la peur et un réel inconfort
D'innombrables rapports de virus mortels, de maladies mortelles rares et d'électrosmog dangereux pour la santé sont hantés par les médias. Bien que beaucoup manquent de fondement scientifique, les rapports parfois très sombres suscitent des craintes. Pour certaines personnes, la peur va même jusqu'à développer de véritables plaintes. Les experts parlent du soi-disant effet nocebo, qui a l'effet inverse de l'effet placebo. Alors que ce dernier a des effets positifs malgré les médicaments sans drogue, les personnes ayant l'effet nocebo souffrent des symptômes de la maladie, bien qu'il n'y ait pas de risque réel pour la santé. Les rapports des médias, par exemple, sur le rayonnement des téléphones portables à eux seuls sont suffisants pour provoquer des symptômes tels que des maux de tête et des nausées chez les personnes touchées.

Le scientifique allemand Dr. Michael Witthöft de l’université Johannes Gutenberg de Mayence a examiné le phénomène de l’hypersensibilité électromagnétique avec son collègue G. James Rubin lors d’un séjour de recherche au King’s College de Londres. En utilisant l'imagerie par résonance magnétique, les chercheurs ont pu reconnaître que «les régions de traitement de la douleur dans le cerveau des personnes touchées étaient en fait activées même s'il n'y avait pas de véritable rayonnement». Witthöft et Rubin sont arrivés à la conclusion que «l'attente de dommages à elle seule peut déclencher des douleurs et d'autres plaintes».

Sujets avec de vraies plaintes alors qu'il n'y avait en fait aucun risque
Dans le cadre de l'étude, un groupe d'un total de 147 sujets a reçu un rapport faisant état des risques pour la santé du WLAN et des signaux radio mobiles. L'autre groupe a vu un rapport sur le thème de la sécurité des données Internet et des téléphones portables. Ensuite, tous les participants à l'étude ont été prétendus avoir été exposés à un signal WLAN pendant 15 minutes. 54% des sujets ont par la suite signalé des plaintes telles qu'un sentiment d'oppression, des difficultés de concentration et de l'anxiété. En particulier, les sujets qui avaient précédemment vu le rapport sur les risques pour la santé des signaux WLAN présentaient le plus souvent des symptômes. Chez deux sujets de test, le test a dû être arrêté même s'il n'y avait en fait pas de rayonnement.

Les tests avaient montré que les personnes touchées ne pouvaient pas différencier «si elles sont réellement exposées à des champs électromagnétiques et que leurs symptômes peuvent être déclenchés par une exposition simulée ainsi que par un rayonnement réel», rapporte Witthöft.

L'enquête menée par Witthöft et Rubin a montré l'influence que les rapports médiatiques effrayants ont sur de nombreuses personnes. La seule suggestion de risques pour la santé suffit à provoquer de véritables plaintes chez certaines personnes. Witthöft appelle donc à une coopération plus étroite entre les scientifiques et les créateurs de médias. Les rapports sur les risques pour la santé doivent être aussi véridiques que possible et «rendus publics au meilleur de nos connaissances».

L'effet nocebo a été observé pour la première fois dans des essais sur les médicaments dans lesquels les sujets ont présenté des effets secondaires malgré la réception d'un placebo. (ag)

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